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Politiquement intime

// Commissariat d'exposition //


Kubra Khademi

Être victime de moqueries. Ne pas oser répondre. Apprendre à se taire. Ne plus savoir ce qu’on pourrait faire. S’isoler. Apprendre à faire avec. Bafouer ses droits. Interdire ses désirs. Ne plus savoir qui l’on est. Oublier son identité. Accepter que ce soit ainsi. Se perdre complètement. Transmettre.


Carole Chebron


C’est cet enchaînement d’actes et de pensées que je déroule intérieurement lorsque je pense au titre que nous avons donné à cette exposition : Politiquement intime. Il s’agit en quelque sorte d’un mouvement : celui qui prend racine dans les choses de la vie privée que notre corps peut subir (un tabou, une souffrance, une ignorance…) et qui mène finalement aux conditionnements corporels et psychologiques de nos sociétés. Cela me semble être exactement l’enjeu du Care : parvenir à se soucier de la source des choses, afin de mieux les identifier et les comprendre.


Lola Keyezua

L’exposition réunit huit artistes qui explorent, chacun dans un langage singulier, les enjeux politiques contenus dans nos identités corporelles : les petits pieds hésitants de la céramiste franco-suisse Carole Chebron évoquent les charges intérieures qui nous immobilisent. Les photographies impactantes de l’artiste française Elea-Jeanne Schmitter lèvent le voile sur les lourdes conséquences d’un monde bâti sur des normes masculines. Avec onirisme et tendresse, l’artiste français Fabien Merelle fait tomber les stéréotypes d’un soi-disant comportement masculin. C’est l’œil aiguisé du photographe anglais Martin Parr qui souligne l’absurdité de nos pratiques compulsives du Selfie. Ayant dû fuir son pays pour en avoir dénoncé la tyrannie, l’artiste afghane Kubra Kahdemi brise les tabous à travers des figures féminines libérées des diktats et prêtes à se battre pour leurs droits. L’artiste angolaise Keyezua fait, elle aussi, un manifeste politique de son art en abordant le sujet sensible du handicap et du regard que l’on porte sur les personnes infirmes.


Martin Parr


A travers les images prises par la photographe afghane Fatimah Hossaini, un vent de liberté et de révolte souffle sur les insupportables oppressions que la régime Taliban impose aux femmes. Nous terminons le parcours avec un projet à part, mené par la photographe canadienne Louise Oligny et l’illustratrice française Clémentine du Pontavice, dans le cadre d’ateliers initiés par la Maison des Femmes de Saint-Denis : donnant la parole à des femmes victimes de violence, l’estime de soi devient, ici encore, un sujet politique.


Atelier à la Maison des femmes de Clémentine du Pontavice et Louise Oligny

Depuis nos conditionnements psychologiques jusqu’aux fléaux imposés par des autorités, le thème de la Santé et des Droits des Femmes traverse ainsi l’exposition en filigrane, rendant hommage à la Fondation Médecins du Monde, l’ONG dont nous sommes si fières d’être partenaire pour cette exposition.




Artistes présentés : Carole Chebron, Fatimah Hossaini, Keyezua, Kubra Kahdemi, Fabien Mérelle, Louise Oligny, Clémentine du Pontavice, Martin Parr, Eléa Jeanne Schmitter.


L'exposition Politiquement Intime a été présentée à la Caring Gallery en 2022, en partenariat avec la Fondation Médecins du Monde.


Fabien Merelle


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