• AnneSophie Berard

CES JOURS DE DOUTE

Nous avons mis notre plus bel uniforme : celui qui promet l'amour. Nous sortons conquérant·es, avec l'assurance que le monde nous attend. Mais il se met à faire un peu trop chaud, pas une once de brise à l'horizon, alors nous ralentissons. Pour ne pas fatiguer.


Nous nous nous asseyons, le temps de nous reposer et à force de nous asseoir, nous voilà allongé·es. Les jours filent, les nuits aussi et nous sommes désormais incapables de nous relever.


Maintenant, nos rêveries ont la gueule de travers et malgré leurs couleurs flamboyantes, nos costumes de triomphe prennent la poussière. Nous nous obstinons à garder ce bout de nez rouge, mais nos regards sont bas et tristes. Nous restons là, sans même savoir ce que nous attendons...


Pourtant, comme on l'attend, ce quelque chose qui nous sortira de là où nous nous sommes arrêté·es ! Ce coup de vent qui nous poussera hors de nos peurs et de nos incertitudes en nous assurant, de façon tout à fait incontestable, que la bonne route est par ici, là, juste devant.


D'ailleurs, le voici. Tout de jaune, de violet, de rose et de rouge vêtu : l'espoir. Il est là. Il nous entoure autant qu'il peut, partout autour, sur les murs, dans le ciel et il n'attend plus qu'une seule chose : que nous relevions la tête.


Ugo Rondinone, Vocabulary of Solitude





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