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Le temps qu'il nous faut

// Commissariat d'exposition //


Kenji Kawakami

Contempler, rêver, s’attarder, souffler… Nous voudrions tous avoir le temps de nous arrêter un peu ! Ces actions lentes et désintéressées sont d’ailleurs essentielles à la fertilisation de nos imaginaires. Mais il n’est pas toujours possible de les intégrer à la réalité de nos vies. Et c’est exactement le sujet qui nous intéresse dans l’exposition Le temps qu’il nous faut.  Notre langage témoigne bien de la relation paradoxale que nous entretenons avec le temps : on le perd ou on le gagne, on le prend ou on le donne, on lui court après ou il nous rattrape… Entre besoins et désirs, potentialités et contraintes, volontés et capacités, chacun se confronte au délicat équilibre d’une vie justement remplie. 


@Jean-Louis Carli - Julie C.Fortier

L’exposition Le temps qu’il nous faut explore les paradoxes du temps à vivre, tiraillé entre le désir de multiplier les expériences et celui de s’aménager des pauses. Cette quête philosophique est aussi un sujet politique. Bâties sur la promesse d’une vie meilleure, nos sociétés modernes ont optimisé nos actions et nos usages pour rentabiliser notre temps. Mais en faisant de la croissance et de la productivité les seules valeurs de réussite, elles ont généré un phénomène d’accélération inédit, mettant en péril l’ensemble des écosystèmes et la manière dont nous faisons société. 


@Jean-Louis Carli - vue d'exposition

Régies par une équation temps/profit, nos productions et nos consommations massives ont entraîné une exploitation abusive des ressources. A l’échelle humaine, le sociologue allemand Hartmut Rosa compare ce phénomène à celui d’une « roue de hamster ». Coincés à l’intérieur de l’engrenage, nous ne courons plus vers quelque chose, mais seulement parce qu’il nous est impossible de nous arrêter. Cette crise de sens, associée à la pression économique et à la charge mentale, permet de mieux comprendre certains phénomènes récents : augmentation des burn-out, mouvement de la grande démission, émergence du quiet quitting (démission silencieuse)… Volontaires ou subis, ces processus de ralentissement révèlent que le rythme de nos vies ne nous convient plus.


@Jean-Louis Carli

L’éloge de la décélération trouve dans ce contexte un écho singulier ! La voie/x du Slow, qui a émergé durant les années 1980, puise ses sources dans la Skholè de l’Antiquité grecque. Ce temps libre, totalement désintéressé, était consacré à la libre pensée. La philosophie est née grâce à lui ! C’est pourquoi nous croyons au rôle central de la rêverie et de l’imaginaire dans la construction du monde à venir. Nous pouvons y trouver des ressources collectives pour chercher un modèle plus juste et plus désirable. C’est en tout cas l’invitation que nous font les douze artistes présentés dans cette exposition : accepter les paradoxes du temps à vivre, dénoncer nos dérives frénétiques et imaginer ensemble un monde au ralenti où nous aurions tout simplement… le temps de vivre ! 


@Jean-Louis Carli - Pierre Bastien

Artistes exposés : Pierre Bastien, Michel Blazy, Arno Fabre, Daniel Firman, Julie C. Fortier, Karine Giboulo, Lyes Hammadouche, Julia Haumont, Lingzi Ji, Kenji Kawakami, Duy Anh Nhan Duc, Louise Pressager.


Commissariat : AnneSophie Bérard

Scénographie : Clemence Farrell

Production executive : Artistik Bazaar Agenceur : Solid


Le temps qu'il nous faut,

exposition présentée au Maif Social Club (Paris) en 2023-2024.


Quelques articles de presse ci-dessous :


@Jean-Louis Carli - Michel Blazy



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