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Une fenêtre en Prison



Je suis devenue correspondante bénévole pour des prisonniers en plein confinement. Je crois que le fait de me retrouver enfermée m’a tout simplement fait penser à ces prisonniers. Et puis il y avait ce livre, que j’avais acheté quelques jours tôt : Décarcérer de Sylvain Lhuissier. L’auteur y explique à quel point les prisons sont dysfonctionnelles et comme il y aurait tant d’autres systèmes à penser. En le terminant, je me suis dit qu’il n’était pas possible de vivre sans la perspective d’une fenêtre, aussi petite soit-elle.


Il me semble que c’est cela que nous faisons, en leurs écrivant. Nous leurs proposons un petit bout de ciel. D’ailleurs, je commence souvent mes lettres en parlant du temps qu’il fait. C’est un des rares endroits où cette discussion ne me semble pas anodine. Peut-être parce que c’est un espace que partagent tous les humains. Et c’est certainement l’une des plus belles choses que nous puissions faire de nos vies : trouver notre commun, à toutes et à tous.


J'ai eu plusieurs correspondances, dont deux qui sont toujours en cours. A chaque fois que je poste une lettre, j’ai la sensation de faire quelque chose de bien. C’est peut-être idiot mais je crois que c’est important, d’être fier et heureux de ce que l’on peut donner à l’autre. Et il y a autre chose qui me ravit encore plus : c’est le sentiment que me procurent leurs réponses. Cela me touche infiniment, à chaque fois. Comme si nous avions vaincu quelque chose ensemble. La justice est là pour les juger. Mais quel beau rôle nous avons, nous les correspondants bénévoles, de ne pas les abandonner.

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