• AnneSophie Berard

L'ART ET LE COVID

Une place à créer est une courte série documentaire composée de 5 épisodes, visant à donner la parole à des étudiant·e·s en Arts Plastiques et ainsi faire entendre la parole de cette génération d'artistes en devenir.

Dans le troisième épisode, Apprendre à déplacer, neuf étudiant·e·s témoignent de la porosité entre le contexte actuel et leur création artistique, tous deux marqués par le manque, la contrainte ou encore la quête du lien :



Comment une simple toile noire se retrouve dans les plus grands musées ? Pourquoi une banane scotchée à un mur acquiert le statut d'œuvre ? Ce type de questionnements, fréquemment entendus devant des œuvres d'art contemporain, interrogent autant la légitimité de la création elle-même que celle de son public et réduisent, de ce fait, la capacité de l'œuvre à devenir un espace de refuge, d'évasion et d'émotion pour son public.


Le fait que l'art contemporain soit par définition un art "d'époque", qui se fabrique au temps présent, induit de prime abord une difficulté, puisque l'approche de l'artiste sera nécessairement expérimentale, inédite et donc, douée d'une certaine complexité. Si l'on pense à Claude Monet, pour n'en citer qu'un parmi de nombreux autres exemples, nous savons qu'il fut lui-même jugé en son temps de peintre scandaleux. Ce n'est qu'après une phase de digestion, couplé à un travail de médiation, que ses peintures purent accéder au statut d'images admirées par le plus grand nombre.


Dans l'épisode vidéo présenté ici, neuf étudiant·e·s parlent de leur travail artistique en le mettant en regard avec la période si particulière que nous traversons actuellement. Leur vécu intime contient un universalisme évident : nous nous reconnaissons dans ces recherches de contacts, de souvenirs, de beautés fugitives, d'évasions et d'utopies nouvelles. Ainsi, au-delà de toute considération esthétique, leurs propositions artistiques deviennent des supports invitant à réinventer notre relation au réel.


L'appréhension du contexte de création d'une œuvre contemporaine (qu'il soit politique, géographique, social ou intime) reste ainsi, à mon sens, le meilleur chemin pour initier un dialogue avec une œuvre contemporaine ; cette quantité d'éléments satellites nous libèrera de la relation purement subjective, tout en démultipliant les points de connexion et de résonnances entre la vie de l'œuvre, et notre vie à nous.


J'espère que ce troisième épisode vous aura intéressé. Dans la prochaine vidéo, qui sera publiée la semaine prochaine, nos protagonistes continueront de présenter leurs travaux et les résonnances, conscientes ou non, qu'ils tissent avec le contexte actuel.


A bientôt pour la prochaine Brèches !

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